Quand parle-t-on de probleme derection ou dysfonctionnement érectile ?

On parle de dysfonctionnement érectile (ou de troubles de l'érection) en cas d'absence d'érection ou lorsque l'érection n'est pas suffisamment longue pour permettre un rapport sexuel satisfaisant. Autrement dit, lorsque le pénis du patient ne parvient pas à se durcir ou lorsqu'il se relâche trop rapidement. Un problème d'érection passager ne constitue pas un dysfonctionnement érectile : on parle alors de trouble de l'érection primaire. Pour qu'il y ait dysfonctionnement érectile, il faut que le patient présente ces symptômes pendant une durée d'au moins six mois. Cette affection est assez fréquente, près d'un homme sur deux est concerné après l'âge de 40 ans. La prévalence est de 20% chez les hommes âgés entre 30 et 80% et de 40 % chez les hommes âgés entre 60 et 70 ans. Le trouble de l'érection secondaire désigne un trouble de l'érection qui ne se produit que dans certaines situations. Certains hommes sont incapables de contrôler l'orgasme et éjaculent de façon précoce ou tardive (éjaculation différée). Le dysfonctionnement érectile n'est pas une pathologie sévère en soi et elle entraîne rarement des complications. Toutefois, un problème d'érection est un sujet difficile à vivre pour le patient et son partenaire sexuel. Nombreux sont les hommes qui ont peur d'aborder cette question avec leur médecin parce qu'ils éprouvent un sentiment de honte, voire de culpabilité. Le dysfonctionnement érectile peut altérer l'estime de soi, menacer la vie du couple et, dans les cas les plus graves, conduire à la dépression. Cependant, il ne s'agit pas d'une fatalité. Plusieurs traitements efficaces existent et permettent de retrouver une vie sexuelle satisfaisante. Il est important d'en parler avec son médecin. Celui-ci réalisera les examens nécessaires afin de déterminer la cause responsable et les mécanismes mis en cause avant d'adopter le traitement approprié.

Quelles sont les causes du dysfonctionnement érectile ?

Les causes du dysfonctionnement érectile sont nombreuses et il est parfois difficile d'identifier les mécanismes mis en cause. Les causes peuvent être organiques ou psychologiques selon les cas. Plusieurs facteurs interviennent, c'est pourquoi on parle de genèse multi-factorielle. La plupart des troubles de l'érection sont d'origine organique (environ deux hommes sur trois). La cause psychologique est mise en avant dans un cas sur trois. Il existe trois types de dysfonction érectile selon la gravité des symptômes : dysfonction légère, moyenne et grave. S'il est vrai que les troubles de l'érection sont souvent liés avec le vieillissement, il existe d'autres facteurs de risque. Les troubles peuvent par exemple être associés à une autre pathologie telle qu'une athérosclérose. L'athérosclérose se caractérise par une accumulation de graisses, de sang et de tissus adipeux dans les artères. Elle affecte principalement les diabétiques et les personnes atteintes d'hypertension. Un trouble de l'érection peut aussi résulter d'une maladie neurologique comme la sclérose en plaques, d'une chirurgie ou d'une lésion de la moelle épinière, d'un déséquilibre hormonal, d'une hypothyroïdie ou d'une hyperthyroïdie (baisse ou augmentation du nombre d'hormones sécrétées par la glande thyroïde), de la prise d'un médicament (antidépresseurs), d'une consommation excessive d'alcool ou de tabac.

Quel rôle joue l'âge dans les troubles de l'érection ?

Les études révèlent que les personnes âgées sont celles qui souffrent le plus de dysfonction érectile. Un homme sur deux est atteint de dysfonction érectile au moins une fois dans sa vie après l'âge de 40 ans. La prévalence est de 20% chez les hommes âgés entre 30 et 80 ans, et de 40% chez les patients âgés entre 60 et 70 ans. Bien que le risque de dysfonction érectile augmente avec le vieillissement, l'âge ne constitue pas le principal facteur de risque. En effet, chez la pluparts des patients, les troubles de l'érection sont associés à d'autres troubles ou à une autre pathologie.

Comment se produit une érection ?

Une érection est un phénomène spontané provoqué par une stimulation sexuelle qui entraîne plusieurs mécanismes. Pour les comprendre, il convient de connaître l'anatomie du pénis. Le pénis est composé des corps caverneux, deux structures spongieuses traversées par plusieurs vaisseaux sanguins. Au repos, les corps caverneux ne contiennent pas beaucoup de sang. En cas de stimulation sexuelle, le cerveau envoie des messages et les corps caverneux se remplissent de sang, entraînant une érection. Le sang pompé par la pression du tissu spongieux des corps caverneux afflue dans les artères qui se dilatent. Cette réaction provoque la compression des veines du pénis responsables d'évacuer le sang. La forte pression exercée à l'intérieur du corps caverneux conduit à la rigidité du pénis qui s'élève, facilitant ainsi la pénétration. L'érection est un phénomène complexe au cours duquel interviennent des nerfs, des vaisseaux sanguins et des hormones sécrétées au niveau du cerveau, de la moelle épinière et du bassin.

Comment diagnostiquer une dysfonction érectile ?

L'interrogatoire permet au médecin d'orienter son diagnostic, encore faut-il que le patient ose aborder le sujet avec son médecin. En cas de suspicion de trouble de l'érection, le médecin interroge le patient pour essayer de déterminer la gravité et l'origine des troubles présentés. Il lui demande notamment si l'érection est accompagnée de douleurs, s'il est atteint d'incontinence urinaire, de troubles de la miction (problèmes pendant l'action d'uriner) ou de l'éjaculation (éjaculation précoce ou tardive). Une description détaillée des symptômes est fondamentale pour le médecin car elle lui permet de confirmer ou d'infirmer le diagnostic, puis de mettre en évidence la ou les cause(s) responsable(s) du dysfonctionnement. Certains médecins interrogent également le partenaire sexuel du patient afin d'obtenir un complément d'informations. Pendant l'interrogatoire, le médecin demandera au patient s'il est sujet aux érections matinales ou nocturnes pendant son sommeil. En cas de réponse positive, la cause organique pourra être écartée et le médecin orientera son diagnostic vers un trouble psychologique. Un entretien plus approfondi et/ou une psychothérapie permettra d'établir l'origine des troubles présentés. Un bilan sanguin peut être indiqué afin de vérifier le taux de glycémie et de certaines hormones impliquées dans le phénomène de l'érection.

Le diagnostic des troubles de l'érection peut être posé grâce à plusieurs examens, y compris des examens d'imagerie médicale :

1. Les examens neurologiques

Le dysfonctionnement érectile peut être secondaire à un trouble de l'innervation à l'intérieur du pénis, autrement dit à un problème nerveux. Il existe plusieurs examens permettant d'identifier une cause neurologique tels que l'électromyographie et l'électroneurographie.

2. La sonographie Doppler en couleurs

Cet examen d'imagerie médicale est une sorte d'échographie. Il consiste à explorer les vaisseaux sanguins du pénis en vue de détecter une éventuelle perturbation de la circulation sanguine responsable de troubles de l'érection.

3. La cavernosographie

La cavernosographie est un examen d'imagerie qui consiste à visualiser l'évacuation du sang des corps caverneux. On injecte une substance au patient afin de provoquer une érection. Ensuite, on injecte un produit de contraste afin d'améliorer la qualité des images obtenus par rayons X. Plusieurs clichés sont réalisés à intervalles courts et réguliers. Grâce au produit de contraste, l'évacuation du sang est clairement visible sur les clichés. Cette technique permet de vérifier si le dysfonctionnement érectile est dû à une évacuation trop importante du sang des corps caverneux, un phénomène susceptible de survenir en cas de fuite veineuse.

4. Le test d'injection des corps caverneux

Le test d'injection intracaverneuse, autrement appelé IIC, est indiqué pour mettre en évidence une cause vasculaire. Le médecin injecte une hormone sexuelle masculine dans le corps caverneux pour entraîner une érection. Si l'érection se produit avec une faible quantité d'hormones et dure un certain temps, le médecin peut écarter une origine vasculaire.